Les MOOCS : Démocratisation de l’accès au savoir ?

Les MOOCS : Démocratisation de l’accès au savoir ou fast-foodisation de l’enseignement supérieur ?

Depuis les années 90, la Toile et ses extensions (ordinateurs, tablettes, Smartphones…) ont été véritablement un accélérateur révolutionnaire d’accès à la connaissance et au savoir.
Ainsi on vante aujourd’hui le caractère démocratique de ces MOOCS (massive online open courses) en permettant à tout un chacun d’avoir accès à une formation d’excellence dans le domaine visé. Ces cours en lignes se veulent gratuits et accessibles à tous rompant ainsi les barrières sociales. On va même jusqu’à parler de pédagogie participative, voire de révolution de l’enseignement supérieur.
S’il est vrai qu’en termes de quantité on peut parler de démocratisation, on ne peut pas en dire autant concernant la qualité des cours dispensés.
A l’inverse du e-learning, plateforme en ligne d’apprentissage proposé depuis longtemps par les universités et les centres de télé-enseignement comme le CNED, les MOOCS ont une prétention : celle d’être un équivalent à part entière des cours universitaires.
On pourrait donc recevoir par internet, sans bouger de chez soi une éducation du rang d’ Harvard ou de Standford?
Il parait difficile d’accorder de la crédibilité à une formation non diplômante, reposant sur l’honneur ou ce sont les « élèves » qui s’auto évaluent.
Ainsi, depuis le 16 janvier il est possible de suivre ces cours en ligne massifs sur la récente plateforme française FUN (France université numérique) dépassant la barre des 100 000 inscrits.
Il est d’ailleurs prévu de mettre en ligne, 25 cours cette année grâce à un budget de 8 millions d’euros débloqué par le ministère de l’enseignement supérieur. Celui-ci ayant pour but de faire entrer les universités à l’heure du numérique. A titre indicatif, cette initiative ne concerne que 3% des établissements contre 80% aux Etats-Unis.
Toutefois on constate un intérêt grandissant de la part des universités françaises pour ce genre de pratiques. La croissance des couts de l’enseignement, la surpopulation des amphis les confrontations élève/professeur sont autant de facteurs qui paraissent faire peser la balance du côté du virtuel.
Mais comment cautionner un enseignement supérieur où il n’existe pas d’échanges entre le professeur et l’élève ?
L’exemple de l’indignation des professeurs de premier cycle de l’université de San Jose State one contre leur remplacement par des MOOCS parle de lui-même. Cette université avait initialement prévu de remplacer l’intégralité des enseignants par un MOOC d’un enseignant phare d’Harvard, Mickael Sandel.
Il semble donc qu’à l’instar des dérives de la consommation venues d’outre-Atlantique telles que la banalisation du fast-food, on assiste à la reproduction de ce phénomène dans le monde de l’enseignement supérieur. La démocratisation de l’accès rapide à la nourriture a eu des conséquences néfastes sur l’hygiène de vie et sur la santé, et on peut véritablement penser que cette « révolution pédagogique » telle qu’on présente les MOOCS n’en sera pas plus bénéfique.
D’ailleurs selon les statistiques compilées par un étudiant en doctorat dans une université américaine nommée Katy Jordanie le taux de réussite moyen pour ces cours massifs en ligne est inférieur à 7 pour cent.
Révolutions technologiques et projet démocratiques ne riment donc pas forcément.
Grand nombre de jeunes hommes ont passé leur enfance en s’extasiant devant des films d’arts martiaux de Bruce Lee mais il semble que la plupart de ceux capables de mener un combat avec fluidité, et efficacité sont ceux qui ont un jour franchi la porte d’un dojo ou d’un club de sports de combat.
Ce parallèle pouvant paraitre, à première vue, décalé souligne l’importance de l’entrainement assidu dans des conditions réelles, en interaction avec un maitre, un coach ou un professeur.
On ne devient pas ceinture de noire de Karaté en s’entrainant à travers un jeu vidéo comme on n’apprend pas une langue étrangère en visionnant des cours préenregistrés en restant derrière son écran, puisque en fin de compte c’est cela les MOOCS.

 

MOOCS

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Publié dans Big Data